Le chamois (Rupicapra rupicapra) est un ongulé de la famille des bovidés, répandu dans l'arc alpin, dans les Apennins et dans d'autres chaînes de montagnes européennes. On le reconnaît à ses cornes fines et recourbées, présentes chez les deux sexes. Contrairement au bouquetin, avec lequel il partage l’habitat alpin, il n’a jamais fait l’objet d’une réintroduction dans les Alpes occidentales, où la population est restée répandue et stable.
Le chamois comprend plusieurs sous-espèces réparties dans l'arc alpin et les principales chaînes de montagnes d'Europe centrale et méridionale ainsi que du Proche-Orient ; la sous-espèce présente dans les Alpes occidentales, y compris sur le territoire du Val d’Aoste, est Rupicapra rupicapra rupicapra. L’espèce occupe une vaste aire de répartition altitudinale, se déplaçant de manière saisonnière entre les prairies de haute altitude fréquentées en été et les versants boisés à plus basse altitude où elle trouve abri et nourriture pendant l’hiver.
Le poids varie entre 30 et 60 kg chez les mâles et entre 25 et 45 kg chez les femelles, avec une longueur tête-corps de 107 à 137 cm et unehauteur au garrot de 70 à 80 cm. Son pelage change de couleur au fil des saisons, passant d’un brun intense en été à un gris plus clair en hiver ; il se distingue par son masque facial blanc orné d’une bande sombre sous l’œil, ainsi que par une bande dorsale sombre et une tache blanche sur l’arrière-train. Les cornes, présentes chez les deux sexes, sont fines et recourbées en forme de crochet à leur extrémité : un trait qui distingue nettement le chamois du bouquetin (Capra ibex), dont les cornes sont beaucoup plus grandes, recourbées vers l’arrière et annelées.
L’espèce vit en groupes à structure sociale différenciée : les femelles et les jeunes forment des troupeaux de 15 à 30 individus, tandis que les mâles adultes restent principalement solitaires pendant la majeure partie de l’année, ne s’approchant des groupes de femelles que pendant la période de reproduction, entre fin novembre et début décembre. La gestation dure environ 170 jours, avec la naissance d’un seul petit entre mai et début juin.
Au niveau de l'espèce, la Liste rouge de l'UICN classe Rupicapra rupicapra dans la catégorie « Préoccupation mineure » (réévaluation de 2020). La situation globale n’est pas homogène sur l’ensemble de l’aire de répartition : cette même réévaluation signale une tendance à la baisse dans certaines populations périphériques, liée à des épisodes de kératoconjonctivite infectieuse et à la concurrence avec d’autres ongulés sauvages et domestiques. Dans les Alpes occidentales, y compris sur le territoire du Parc national du Grand Paradis, la population est en revanche répandue et stable. Contrairement au bouquetin, dont la présence dans les Alpes occidentales est due à un programme de réintroduction lancé à partir de la réserve royale de chasse créée en 1856 — devenue ensuite le Parc national du Grand Paradis en 1922 —, le chamois n’a jamais été proche de l’039'extinction locale et n’a pas fait l’objet d’une réintroduction, bien qu’il bénéficie de la même zone protégée.
L'observation directe est plus aisée que pour des espèces insaisissables comme le loup : le chamois fréquente habituellement les parois rocheuses, les couloirs et les pentes abruptes, même à proximité des sentiers de randonnée d'haute altitude, se montrant souvent en groupe pendant la journée. Sur le terrain, on le confond le plus souvent avec le bouquetin : de loin, la silhouette plus élancée du chamois et ses cornes fines et recourbées, par opposition à la corpulence plus imposante et aux cornes arquées du bouquetin, restent le critère de distinction le plus fiable.
Fiche d'information
Nom commun : chamois, chamois des Alpes
Nom scientifique : Rupicapra rupicapra
Espèce : mammifère artiodactyle (ongulé)
Famille : Bovidae
Répartition : Alpes, Apennins, Carpates et Balkans jusqu’au Caucase ; une population a été introduite en Nouvelle-Zélande au cours du XXe siècle.
Habitat : Zones montagneuses rocheuses et accidentées, jusqu’à plus de 3 000 m ; prairies alpines en été, forêts de conifères à plus basse altitude en hiver.
Alimentation : Herbes et graminées d’altitude en été ; écorces, aiguilles et pousses de conifères en hiver.